Lettre polémique

Une lettre polémique

La deuxième guerre mondiale a laissé des traces dans l’esprit et les cœurs de Polonais et des Allemands. Les évêques polonais ont une idée stupéfiante.

Peu avant la fin du Concile Vatican II, les évêques polonais, sous la conduite du cardinal Wyszynski, adressent une lettre aux évêques allemands, dont la conclusion est : « Nous pardonnons et demandons votre pardon. » (LIV JP) Monseigneur Wojtyla avait participé activement à la rédaction du texte, qui non seulement était écrit l’année du vingtième anniversaire de la fin de la deuxième guerre mondiale, mais aussi correspondait à l’invitation de l’épiscopat allemand aux célébrations du jubilé du baptême de la Pologne qui allaient avoir lieu l’année suivante. Le contenu de cette lettre était très clair, relatant les faits historiques et les souffrances du peuple polonais sous la domination allemande. La demande de pardon de la part des Polonais aux Allemands pouvait surprendre, mais était considérée comme logique et évangélique, vu que l’histoire des deux peuples était intriquée depuis bien avant la deuxième guerre mondiale, ce qui rendait inconcevable que « les gens n’eussent pas de raison de se demander mutuellement pardon. » (LIV JP) Le contenu de la missive avait été discuté avec l’épiscopat allemand avant d’être officiellement publié.

De retour en Pologne, Monseigneur Wojtyla est attaqué par le régime, à travers une lettre ouverte publiée dans un journal local, signée par les ouvriers de l’usine Solvay où le jeune Karol avait travaillé pendant la guerre. Le régime avait volontairement mal expliqué le contenu de la lettre, et avait caché la réponse des évêques allemands, qui acceptaient toutes les accusations et demandaient pardon au peuple polonais. Ainsi, Monseigneur Wojtyla avait dû répondre et l’avait fait en montrant bien qu’il avait remarqué que le contenu ne venait pas des ouvriers, bien qu’ils aient signé le document et qu’il les estimait trop pour pouvoir penser que ce soient eux qui l’aient écrite. Il en profitait pour rétablir la vérité sur la lettre des évêques polonais et la réponse des évêques allemands.

Dans toutes ses difficultés, il a recours à Saint Joseph et à la Sainte Famille : « (…) le culte de saint Joseph est lié à mon expérience de Cracovie. Rue Poselska, près du palais épiscopal, se trouvent les sœurs bernardines. Dans leur église, dédiée précisément à saint Joseph, elles ont en permanence l’exposition du Saint Sacrement. Dans mes temps libres, j’y allais pour prier et mon regard se tournait souvent vers la belle figure du père putatif de Jésus, très vénéré dans cette église. (…) J’ai toujours aimé penser à saint Joseph dans le cadre de la Sainte Famille : Jésus, Marie, Joseph. J’invoquais leur aide à tous les trois, à propos de différents problèmes. Je comprends aisément l’unité et l’amour qui se vivent dans la Sainte Famille : trois cœurs, un amour. » (LIV LV)


Référence :
J’ai vécu avec un saint, Stanislaw Dziwisz, entretiens avec Gian Franco Svidercoschi, Editions du Cerf, 2014
LIV JP : Jean Paul II – Témoin d’espérance, George Weigel, Editions Jean-Claude Lattès, 2005
LIV LV : Levez-vous ! Allons ! Editions Plon/Mame, 2004

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