Le suicide et l’assistance au suicide – une injustice contre soi

Pourquoi ne peut-on pas choisir le moment de sa mort ? Qui souffre du suicide ? Saint Jean-Paul II répond.

« Bien que certains conditionnements psychologiques, culturels et sociaux puissent porter à accomplir un geste qui contredit aussi radicalement l’inclination innée de chacun à la vie, atténuant ou supprimant la responsabilité personnelle, le suicide, du point de vue objectif, est un acte gravement immoral, parce qu’il comporte le refus de l’amour envers soi-même et le renoncement aux devoirs de justice et de charité envers le prochain, envers les différentes communautés dont on fait partie et envers la société dans son ensemble. En son principe le plus profond, il constitue un refus de la souveraineté absolue de Dieu sur la vie et sur la mort (…). » (Encyclique Evangelium Vitae, 25.03.1995)

« Partager l’intention suicidaire d’une autre personne et l’aider à la réaliser, par ce qu’on appelle le “suicide assisté”, signifie que l’on se fait collaborateur, et parfois soi-même acteur, d’une injustice qui ne peut jamais être justifiée, même si cela répond à une demande. “Il n’est jamais licite — écrit saint Augustin avec une surprenante actualité — de tuer un autre, même s’il le voulait, et plus encore s’il le demandait parce que, suspendu entre la vie et la mort, il supplie d’être aidé à libérer son âme qui lutte contre les liens du corps et désire s’en détacher ; même si le malade n’était plus en état de vivre cela n’est pas licite.” » (Encyclique Evangelium Vitae, 25.03.1995)

« Il y a une dimension socio-culturelle, qui entre sous l’appellation de “dissimulation de la mort” : les sociétés, organisées sur le critère de la recherche du bien-être matériel, perçoivent la mort comme un non-sens et, dans le but d’en effacer le questionnement, en proposent parfois l’anticipation indolore. La soi-disant “culture du bien-être” porte souvent avec elle l’incapacité à saisir le sens de la vie dans les situations de souffrance et de limitation qui accompagnent le rapprochement de l’homme à la mort. Une pareille incapacité s’avère aggravée quand elle se manifeste à l’intérieur d’un humanisme fermé à la transcendance et il n’est pas rare qu’il se traduise en la perte de foi en la valeur de l’homme et de la vie. Il y a ensuite une dimension philosophique et idéologique, sur la base de laquelle on fait appel à l’autonomie absolue de l’homme, presque comme si lui était l’auteur de sa propre vie. Dans cette optique, on fait levier sur le principe de l’autodétermination, et on en arrive même à prôner le suicide et l’euthanasie comme des formes paradoxales d’affirmation et en même temps de destruction de son propre moi. (…) Tel est le contexte idéologique sur lequel s’appuient les toujours plus fréquentes campagnes d’opinion visant l’instauration de lois en faveur de l’euthanasie et de l’assistance au suicide. Les résultats déjà obtenus dans quelques pays, tantôt par sentences de la Cour Suprême, tantôt par votes du Parlement, sont la confirmation de la diffusion de certaines convictions. » (Discours, 27.02.1999)


Références :
https://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr.html pour citations de discours, homélies, audiences générales, messages, lettres, encycliques

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