aumônier

Don Karol l’aumônier des étudiants

Don Karol est un jeune prêtre enthousiaste et très créatif. Spontané et amical, il développe de nouvelles manières d’exercer le ministère sacerdotal.

A son retour en Pologne, Don Karol est nommé vicaire à 25 kilomètres de Cracovie, à Niegowicz, paroisse à laquelle appartiennent plusieurs villages. Il avait appris du Saint Curé d’Ars à embrasser le sol où il arrivait, ce qu’il fait sur ce territoire nouveau pour lui. Ensuite, il va visiter le Saint Sacrement, puis se rend à la paroisse. Il est logé dans une maison sans électricité et sans eau courante.

Son rôle est surtout d’enseigner la religion dans les écoles. Il s’y rend dans une charrette tirée par un cheval. Comme il est très pauvre, les habitants des villages où il se rend, eux-mêmes pauvres, se sentent très bien avec lui.

Il célèbre la Messe pour la paroisse et passe beaucoup de temps au confessionnal, sur les pas du Saint Curé d’Ars.

Il ne reste que huit mois dans cette paroisse et arrive à fonder un théâtre paroissial, qui monte une pièce, L’Invité. Don Karol y joue le rôle principal, un mendiant qui se révèlera être Jésus. Il emmène aussi les jeunes voir des représentations à Cracovie, surtout celles du Théâtre Rhapsodique, et monte un groupe du Rosaire vivant, comme l’avait fait un de ses modèles, Jan Tyranowski. Les communistes surveillent ces activités et essaient d’intimider les participants, mais ils n’y arrivent pas.

Monseigneur Sapieha décide de transférer Don Karol comme vicaire à la paroisse de Saint Florian, une des plus dynamiques de Cracovie, fréquentée par des gens prospères et des intellectuels, dont des étudiants. Sa principale tâche est de s’occuper de la partie de l’aumônerie destinée principalement aux étudiants de l’Ecole Polytechnique et de l’Académie des Beaux-arts. Cette aumônerie avait été fondée pour l’université Jagellon par Monseigneur Sapieha, qui avait lutté contre le régime communiste pour en avoir le droit. C’était l’époque où il avait dû négocier avec le régime pour maintenir la liberté de l’Eglise et son rattachement à Rome, refusant de la soumettre au régime.

Don Karol enseigne la religion aux étudiants à sa manière : il organise des conférences hebdomadaires sur l’humanisme chrétien, par opposition au marxisme, démontrant par la philosophie et la théologie catholique l’existence de Dieu et le caractère spirituel de la personne humaine, qui répondent bien mieux aux attentes de l’être humain et à ses questions existentielles sur la vie et la mort que le marxisme. Il démontrait ainsi que l’Evangile est bien plus séduisant que les idéologies athées ambiantes. Ses sermons lors de la Messe plaisent aussi énormément.

Etant à Cracovie, il a plus d’occasions de voir les représentations des rhapsodes. Il célèbre la Messe pour les acteurs lors de l’anniversaire de la troupe, célèbre le mariage d’anciens collègues. Lors du déménagement du théâtre, en 1950, il fera une prière de bénédiction discrète, les cérémonies officielles étant interdites par le régime communiste.

En 1951, Il monte une chorale, qui apprend des chants grégoriens et les chante à la Messe, et fait monter des représentations de scènes de la Bible aux jeunes, qui les jouent à la paroisse.

Il fait en sorte que les familles puissent passer du temps ensemble, par exemple lors des réunions des enfants de chœur, et organise un programme de cours de préparation au mariage, ce qui n’avait encore jamais eu lieu dans l’archidiocèse. C’est une façon de lutter contre l’idéologie du régime communiste, qui essaie de détruire la famille, en établissant des horaires incompatibles pour les couples, en centralisant les écoles loin des familles, en faisant une loi définissant l’avortement comme une manière utile de contrôle des naissances. En effet, pour le régime, les familles soudées et l’amour qui y règne créent une sécurité qui affaiblissent son autorité.

Don Karol a une manière d’exercer son ministère originale et innovante.


Références :
L’enfance de Jean-Paul II, Alain Vircondelet, Editions Artège, 2015
Pope John Paul II, The biography, Tad Szulc, Scribner, 1995
Jean Paul II – Témoin d’espérance, George Weigel, Editions Jean-Claude Lattès, 2005

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Sanctifier toutes les activités par ses talents et sa créativité.