Journée d'un Pape

La journée d’un Pape

A quoi ressemble la journée d’un Pape au Vatican ? A-t-elle des points communs avec nos journées ? Que peut-on en imiter ?

« Jean-Paul II était un perfectionniste et voulait toujours profiter au maximum du temps dont il disposait ; c’est pourquoi il planifiait méticuleusement tous les moments de la journée. La prière, le travail, les rendez-vous, les repas, occasions de converser avec ses invités, et le repos. » (UV)

« Chez Jean-Paul II la puissance de travail est considérable, par l’effet conjoint d’un bon organisme et d’une bonne organisation. » (NA)

Voici son horaire, qui a peu varié avec les années, malgré ses différents problèmes de santé et son âge. Il est valable toute la semaine, sauf le mardi qui est son jour de congé.  

5h30 environ : lever (parfois difficile), toilette et habillage ; il se levait tôt car il aimait voir le lever du soleil.

6h00 environ : adoration, laudes et méditation dans sa chapelle, avec souvent récitation du chapelet ; il prie en général à genoux et les yeux fermés, ne s’occupant pas de ce qu’il se passe autour de lui et des personnes qui arrivent dans la chapelle : il se prépare à célébrer l’Eucharistie.

7h00 ou 7h30 : célébration de la Sainte Messe, la plupart du temps avec des fidèles, et toujours avec d’autres célébrants, prêtres et / ou évêques ; il veut que des invités soient présents à la célébration et il y en a jusqu’à cinquante ; action de grâces à la fin de la Messe puis salutation des invités (qui ont été conduits à la bibliothèque) et remise d’un chapelet par le Pape lui-même, pour les inciter à réciter le chapelet.

8h15 environ : petit-déjeuner, copieux, à la polonaise (fromage, charcuterie, œufs brouillés, café au lait), sauf le vendredi où il jeûne. Il y a en général au moins un invité, sauf à la fin de sa vie où seuls des personnes proches sont présentes.

9h30 environ : travail dans son bureau pour écrire ses homélies, discours et autres documents ; au début de son pontificat, il écrit lui-même puis, après sa fracture de l’épaule en 1993, il dicte à son secrétaire privé (Don Stanislas, puis aussi Don Pawel) qui dactylographient le contenu ; la première version est toujours en polonais et est ensuite traduite en italien. Il reçoit la première sacoche de documents de la secrétairerie d’Etat, documents à lire, à signer, à garder. Ce temps de travail est entrecoupé de prières, dont le chapelet, la liturgie des Heures et l’adoration dans sa chapelle.

11h00 ou 11h30 : audiences privées (ou audience générale le mercredi) : il reçoit des personnes diverses, venant de tous horizons et de toutes nations, des hommes de culture, des chefs d’Etat ou de gouvernement, des évêques. Il n’interrompt jamais une conversation et laisse la personne s’exprimer. Il a une grande capacité d’écoute et beaucoup de patience. Il aime dire qu’il n’est pas pressé. Il prend le temps nécessaire. Il aime les gens et s’intéresse à leur vie, à leurs joies et à leurs problèmes. Il prie entre les audiences, en général quelques Ave Maria avec le chapelet qu’il tient dans sa main. Il reçoit entre deux et cinquante personnes en audience privée par jour. Ensuite, il va saluer les personnes invitées au repas (qui ont été installées dans le salon) et les amène à la chapelle puis à la salle à manger.

13h30 environ : repas, qui est en général de la cuisine italienne, avec des pâtes, de la viande, des légumes, de l’eau, un peu de vin rouge et un dessert, sauf le vendredi où il jeûne. Le repas est préparé par les religieuses polonaises (servantes du Sacré Cœur de Jésus) de l’appartement pontifical. Le Pape mange vite et de tout, en petite quantité. Il aime surtout les desserts et le café (qu’il boit deux fois dans la journée, le matin et l’après-midi). La cuisine polonaise est réservée aux grandes fêtes. Au repas, il y a pratiquement toujours des invités, pour discuter de la préparation de documents, de voyages, et pour s’informer de ce qu’il se passe dans le monde, dans les communautés chrétiennes et dans les activités des différents dicastères du gouvernement de l’Eglise, la Curie romaine.

15h00 environ : repos d’une trentaine de minutes, puis prière de la liturgie des Heures souvent sur sa terrasse, où il va été comme hiver.

15h30 environ : travail dans son bureau, avec entre autres lecture de livres de toute sorte (vie de saints, livres de théologie, de philosophie, de littérature, de science, livres étrangers pour se perfectionner dans les langues, entre autres), prière (comme le chemin de croix le vendredi).

17h30 environ : réception de ses secrétaires pour prendre connaissance des documents qu’ils ont préparés et pour signer ce qui est déjà en ordre.

18h30 environ : audiences avec ses collaborateurs les plus proches (l’équivalent de ministres d’un gouvernement, le Saint-Père étant le chef d’Etat) :  le lundi : secrétaire d’Etat (équivalent du premier ministre), le mardi : secrétaire adjoint, le mercredi : secrétaire des affaires étrangères, le jeudi : cardinal d’une ou l’autre congrégation, le vendredi : le président de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le samedi : le cardinal responsable pour la nomination des évêques. Avant de se rendre au dîner, Jean-Paul II va à la chapelle pour réciter le bréviaire et d’autres prières.

20h00 environ : repas, avec en général un potage et du poisson. Comme il aime les desserts, mais doit faire attention à sa ligne, il n’y a pas de sucrerie prévue au menu du soir. Alors Jean-Paul II dessine souvent de l’index un petit cercle sur la table en souriant, pour obtenir des Soeurs qui servent le repas un petit biscuit ou quelque chose d’autre de sucré. Des invités sont à nouveau présents : des représentants de la Curie, le directeur du bureau de presse du Vatican, celui du journal L’Osservatore romano, des amis de passage à Rome. Jean-Paul II lit la revue de presse, L’Osservatore romano, regarde la première partie du téléjournal polonais voire italien, et parfois un documentaire ou un film à thème qui stimule sa pensée et a été enregistré pour lui afin qu’il le regarde quand il a un moment (la télévision étant dans la salle à manger).

21h30 environ : arrivée de la deuxième sacoche de documents de la secrétairerie d’Etat, qu’il traite comme celle du matin.

22h30 environ : dernier passage à la chapelle et dernière partie de la liturgie des Heures

23h00 au plus tôt : bénédiction de Rome et du monde depuis sa terrasse, par un grand signe de croix, puis repos de la nuit (six heures de sommeil lui ont toujours suffit).

Sa journée est continuellement ponctuée par la prière, spontanée ou avec son chapelet qu’il a toujours à son bras et tient souvent dans sa main, la liturgie des Heures et les visites à Jésus dans le Saint-Sacrement dans sa chapelle. Il prie pour servir l’Eglise au mieux, médite et réfléchit beaucoup, lit et s’informe, et écrit toute une série de documents et de discours.


Comment se passent mes journées? Quelle place y occupe ma relation avec Dieu? Est-Il un partenaire dans mes activités et une référence, ou bien un satellite parfois même oublié? Et mes relations avec les autres sont-elles superficielles ou fraternelles?


Références :
Le mardi était son jour préféré, Monseigneur Mieczyslaw Mokrzycki et Brygida Grysiak, Editions des Béatitudes, 2010
Le Vrai Jean-Paul II, Slawomir Oder avec Saverio Gaeta, Editions Presses de la Renaissance, 2011
Dans l’intimité de Jean-Paul II, Renato Boccardo, Editions des Béatitudes, 2014
J’ai vécu avec un saint, Stanislaw Dziwisz, entretiens avec Gian Franco Svidercoschi, Editions du Cerf, 2014
UV: Une vie avec Karol, Entretiens avec Gian Franco Svidercoschi, Stanislas Dziwisz, Editions Desclée de Brouwer / Le seuil, 2007
NA : « N’ayez pas peur ! » André Frossard dialogue avec Jean-Paul II, Editions Robert Laffont, 2005 (original en 1983, en italien)

Partager ce post

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur print
Partager sur email

Sanctifier toutes les activités par ses talents et sa créativité.