Lutteur Nowa Huta

Monseigneur Wojtyla – lutteur infatigable

Tout ce qui est entrepris en lien avec la foi est une lutte. La construction des églises est particulièrement difficile et nécessite des années de tractations.

Depuis le début de son épiscopat, Monseigneur Wojtyla se bat pour la construction d’édifices religieux. Il a demandé au total une centaine de permis de construire et n’a obtenu l’autorisation que pour douze paroisses et dix centre pastoraux. Une lutte emblématique est celle de Nowa Huta, quartier ouvrier de la banlieue de Cracovie, de la taille d’une ville, construit juste après la fin de la deuxième guerre mondiale, dès 1949. Le régime le veut comme symbole socialiste sans Dieu. Le combat dure une quinzaine d’année, comme pour tous les édifices religieux. L’église de Nowa Huta est consacrée en 1977. Paul VI, en 1962, avait béni et donné une pierre de la tombe de Saint Pierre à Monseigneur Wojtyla, pour la future église de Nowa Huta, en signe de soutien à l’Eglise de Pologne.

« A Cracovie-Nowa Huta, justement, fut livrée une dure bataille pour la construction de l’église. Dans ce quartier habitaient des milliers de personnes, en grande partie des travailleurs d’une grande industrie métallurgique, venus de toute la Pologne. Selon le projet des autorités, Nowa Huta devait être un quartier exemplairement “socialiste”, c’est-à-dire privé de tout lien avec l’Eglise. Il n’était pourtant pas possible de faire comme si ces personnes, venues là à la recherche d’un travail, pouvaient renoncer à leurs racines catholiques. (…)

Au début, après les premières pressions, les autorités communistes concédèrent l’autorisation de construire l’église et elles assignèrent même le terrain. La population y mit tout de suite une croix. Mais ensuite l’autorisation, accordée à l’époque de Mgr l’archevêque Baziak, fut retirée et les autorités décidèrent que la croix serait enlevée. La population s’y opposa fermement. Et il s’ensuivit une véritable bataille avec la police : il y eut des victimes, des blessés. (…)

A la fin la bataille fut remportée, mais au prix d’une épuisante “guerre des nerfs”. Je dirigeais les tractations avec les autorités, principalement avec le chef du bureau provincial pour les Questions des confessions. C’était un homme au comportement correct au cours des colloques, mais particulièrement dur et intransigeant dans les décisions qui suivaient, et qui laissaient transparaître un esprit malveillant et prévenu.

Le curé, l’abbé Jozef Gorzelany se chargea de la construction de l’église, et il mena cette mission à bonne fin. L’invitation adressée aux paroissiens d’apporter chacun une pierre pour la construction des fondations et des murs fut une sage initiative pastorale. Ainsi chacun se sentit impliqué personnellement dans l’édification des murs de la nouvelle église. (…)

Je pense avec gratitude et admiration aux curés qui ont construit des églises durant cette période. (…) J’ai toujours essayé de les soutenir. Les Messes de minuit de Noël célébrées en plein air à Nowa Huta, malgré le gel, furent une manifestation de ce soutien. » (LIV LV)


Références :
Jean Paul II – Témoin d’espérance, George Weigel, Editions Jean-Claude Lattès, 2005
LIV LV : Levez-vous ! Allons ! Editions Plon/Mame, 2004

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