Concile Jean XXIII

Monseigneur Wojtyla père conciliaire

Monseigneur Wojtyla a de plus en plus de responsabilités, au niveau de l’Eglise de Pologne, mais aussi de l’Eglise catholique romaine dans son ensemble.

En juin 1962, à la mort de Monseigneur Baziak, c’est Monseigneur Wojtyla qui est nommé à la tête du diocèse de Cracovie. Il est alors confronté à la volonté des autorités communistes d’utiliser le séminaire comme école du régime. Alors, il occupe les locaux et se rend au siège du parti communiste, ce que ne font en général pas les prélats, pour négocier. Ainsi, seul le troisième étage du bâtiment abritant le séminaire sera cédé à l’école pédagogique. La lutte contre le régime est quotidienne.

Le 11 octobre 1962, le pape Jean XXIII ouvre le Concile Vatican II. C’est un concile œcuménique, réunissant des évêques de toutes les églises catholiques romaines, d’Orient et d’Occident, venant du monde entier. Monseigneur Wojtyla participe à toutes les sessions et œuvre en particulier pour la constitution Gaudium et spes, sur l’Eglise dans le monde de ce temps, qui traite, sous tous ses aspects (personnel, social, éthique…), de la dignité et de la sacralité de la personne humaine, créée par Dieu et rachetée par Jésus-Christ.

« J’ai eu ainsi la grâce singulière de participer à la grande œuvre (du Concile Vatican II) et de donner ma contribution à ses travaux. De cette manière, depuis les premiers pas préparatoires, ensuite lors des différentes étapes de son déroulement, puis dans la phase des engagements applicatifs, le Vatican II a constitué le cadre, l’atmosphère, la source d’inspiration de mes pensées et de mon activité de pasteur de ma chère Eglise particulière, à laquelle la bonté du Seigneur m’avait appelé. » (Angélus, 29.09.1985)

Les interventions du jeune évêque polonais sont très appréciées par ses confrères. L’importance qu’il porte à la dignité humaine est très éloquente, venant d’un évêque d’un pays de l’Est, pays sous oppression par un régime totalitaire. Monseigneur Wojtyla intrigue, fascine. Un de ses confrères raconte : « Sa personnalité s’impose. Il y a en lui une sorte de passion, un pouvoir magnétique, une force prophétique, pleine de paix à laquelle il est impossible de résister… » (LIV JA)

Des journalistes étrangers s’intéressent à lui et l’un d’eux lui demande combien de cardinaux polonais pratiquent le ski. Monseigneur Wojtyla répond que ce sont 40%. Un journaliste surpris réplique alors qu’il n’y a que deux cardinaux en Pologne. A quoi lui est rétorqué : « Certes, mais le cardinal Wyszynski, le Primat de Pologne, en représente les 60%. » (LIV IF)

L’humour et l’espièglerie ont toujours fait partie de la personnalité de Karol Wojtyla, sans qu’il ne perde jamais de vue les choses importantes et sérieuses.


Références :
Jean Paul II – Témoin d’espérance, George Weigel, Editions Jean-Claude Lattès, 2005
Jean-Paul II – La biographie, Andrea Riccardi, Parole et Silence, 2014
LIV JA : J’ai vécu avec un saint, Stanislaw Dziwisz, entretiens avec Gian Franco Svidercoschi, Editions du Cerf, 2014
LIV IF : I fioretti di Giovanni Paolo II, Janusz Poniewierski, Milano, Edizioni San Paolo 2013
https://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr.html

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