Saint Jean-Paul II vit au rythme de l’année liturgique et attache une importance particulière à la Communion des Saints, ces personnes qui ont vécu un parcours terrestre comme nous et ont fait leur possible pour vivre avec Dieu et selon Ses enseignements. Ils ont vécu des joies et des épreuves comme nous. Certains sont connus, béatifiés ou canonisés. D’autres, encore plus nombreux, sont totalement méconnus ou connus seulement de leur famille et de leurs proches. Enfin, certains sont encore en route vers le Paradis et attendent nos prières de suffrage. Ils ont tous une valeur inestimable.

Voici quelques extraits de ce que le Pape Jean-Paul II a dit à propos de tous ces morts matériellement, mais bien vivants spirituellement ! Et de son anniversaire d’ordination sacerdotale, qui a eu lieu le jour de la Toussaint. Il nous enseigne comment fêter la Toussaint et commémorer les défunts.

« (…) Jour de tous les Saints – jour de la Rédemption accomplie, grande fête de l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde.

Ce jour est fixé avec une empreinte indélébile dans ma mémoire. C’est en effet lors de la Solennité de la Toussaint (…) que j’ai reçu le don du sacerdoce du Christ et que je suis devenu serviteur de l’Eucharistie. Je me souviens avec dévotion immuable de ceux qui m’ont accompagné vers ce ministère. Je m’unis à eux dans le mystère de la Communion des Saints. » (Homélie, 01.11.1993, site du Vatican)

« (…) Qui sont les saints ? Les saints sont ceux qui ont revêtu la robe blanche de l’“homme nouveau” (Col 3, 10), en menant à son plein développement la grâce baptismale. Ceux-ci sont les participants et les témoins du Dieu saint, du Dieu “caché” (Is 45, 15).

Grâce à eux, lui se révèle, se rend visible, se rend présent au milieu de nous. Le “Saint de Dieu” est, évidemment, Jésus Christ, incarnation et révélation suprême de Dieu et de sa sainteté. “Toi seul es Saint, Toi seul es Seigneur, Toi seul le Très-haut, Jésus Christ”.

Constitué “Seigneur” par sa résurrection glorieuse, Jésus communique, à travers l’Esprit Saint, sa sainteté à tous les croyants. Ceux-ci, dans les Sacrements reçus dignement, reçoivent la vie nouvelle dans le Christ Jésus : ils sont donc appelés saints et le sont réellement.

D’où viennent-ils ? Ecoutons la description de l’Apocalypse : “(…) une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues… Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau.” (Ap 7, 4. 9. 14).

Les saints sont le peuple de Dieu racheté par le sang du Seigneur : une multitude immense, (…) l’Eglise de Dieu (…). » (Angélus, 01.11.1983, site du Vatican)

« (…) la Jérusalem céleste. Elle est peuplée de bienheureux “qui viennent de la grande épreuve (…)” (Ap 7, 14) et maintenant ils chantent le cantique de la victoire : “Le salut appartient à notre Dieu” (Ap 7, 10). Ceci pour dire que le salut et la sainteté ne se sont pas réalisés par leur mérite, mais par la grâce de Dieu. Lui seul, en effet, est saint, et les élus sont des sanctifiés. (…)

Après cette vision de gloire, la liturgie nous fait méditer, dans l’Evangile, la réalité de l’Eglise en pèlerinage sur la terre. Ici aussi on parle de “béatitudes”, mais de bienheureux qui sont dans la pauvreté, dans l’affliction, qui ont faim et soif, qui sont persécutés à cause de la justice (cf. Mt 5, 1-12). Notre Eglise est celle des béatitudes, à laquelle le Seigneur indique “le chemin étroit qui conduit à la vie” (Mt 7, 14). Donc c’est à nous que le Seigneur parle ici !

A la différence des saints du ciel, qui sont en possession de la béatitude éternelle, nous avons l’espoir de pouvoir l’obtenir. Mais nous sommes réconfortés par le fait que (…) “nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté” (1 Jn 3, 2). Ainsi, l’essentiel est déjà en notre possession : le Royaume des cieux a déjà commencé pour nous, grâce à notre qualité d’enfants de Dieu. En ce sens, nous aussi sommes dans la communion des saints. Mais tout cela exige un engagement quotidien pour correspondre pleinement à la vocation divine et atteindre la gloire future. Nous avons donc le devoir, selon les paroles de saint Paul, de “travailler à notre salut avec crainte et profond respect” (Phil 2, 12) et “ne nous lassons pas de faire le bien” (Gal 6, 9). Nous sommes l’Eglise dans le temps (…) » (Homélie, 01.11.1983, site du Vatican)

« (…) Nous célébrons aujourd’hui la solennité de la Toussaint. En nous invitant à tourner notre regard vers l’immense multitude de ceux qui sont déjà parvenus à la Patrie bienheureuse, celle-ci nous indique le chemin qui conduit à cet objectif. 

A nous, pèlerins sur terre, les saints et les bienheureux du paradis rappellent que le soutien quotidien, afin de ne jamais perdre de vue notre destin éternel, est avant tout la prière. Pour un grand nombre d’entre eux, ce fut le Rosaire (…). Le Rosaire les a conduits à une intimité toujours plus profonde avec le Christ et la Sainte Vierge. » (Angélus, 01.11.2003, site du Vatican)

« (…) Après avoir célébré hier la solennité de la Toussaint, aujourd’hui, 2 novembre, notre regard orant se tourne vers ceux qui ont quitté ce monde et attendent d’arriver à la Cité céleste. Depuis toujours, l’Église a exhorté à prier pour les défunts. Celle-ci invite les croyants à regarder le mystère de la mort non pas comme le dernier mot sur le destin humain, mais comme le passage vers la vie éternelle. (…)

Il est important et de notre devoir de prier pour les défunts, car même s’ils sont morts dans la grâce et dans l’amitié de Dieu, ils ont peut-être encore besoin d’une dernière purification pour entrer dans la joie du Ciel (…).

Que Marie, Porte du Ciel, nous aide à ne pas oublier et à ne jamais perdre de vue la Patrie céleste, objectif ultime de notre pèlerinage ici sur Terre. » (Angélus, 02.11.2003, site du Vatican)

« (…) Aujourd’hui, commémoration liturgique des défunts, notre pensée s’arrête sur la foule de frères qui nous ont précédés à la grande étape de l’éternité. Nous sommes invités à reprendre avec eux, au plus profond de nos cœurs, ce dialogue, que la mort ne doit pas rompre. Il n’y a personne qui n’ait pas des parents, des amis, des connaissances de qui se souvenir. (…)

Mais notre souvenir veut aller au-delà des liens affectifs légitimes et chers, et s’étendre à l’horizon du monde. De cette manière, nous rejoignons tous les morts, où qu’ils reposent, en tout recoin de la terre (…). Pour tous, avec un cœur fraternel, nous élevons la pieuse invocation de suffrage au Seigneur de la vie et de la mort.

(…)  En réalité, la vie n’est pas enfermée dans l’horizon de ce monde : l’âme, créée immédiatement par Dieu, quand elle atteint la fin physiologique du corps, reste immortelle, et nos propres corps ressusciterons transformés et spiritualisés. La signification profonde et décisive de notre existence humaine et terrestre réside dans notre immortalité “personnelle”: Jésus est venu nous révéler cette vérité. Le christianisme est bien sûr aussi un “humanisme” et défend avec force le développement intégral de chaque homme et de chaque peuple, en s’associant à tous les mouvements qui veulent le progrès individuel et social ; mais son message est essentiellement d’un autre monde, définissant tout le sens de l’existence dans la perspective de l’immortalité et de la responsabilité. Donc les multitudes immenses de ceux qui déjà dans les siècles passés ont atteint le terme de leur propre vie sont toutes bien vivantes ; nos chers défunts sont toujours vivants et présents également, d’une certaine façon, sur notre chemin quotidien.

(…) cette journée nous fait justement penser à la fragilité et à la précarité de notre vie, à la condition mortelle de notre existence. Combien de personnes sont déjà passées sur notre terre ! Combien, qui un jour étaient avec nous avec leur affection et leur présence, maintenant ne sont plus ! Nous sommes des pèlerins sur la terre et nous ne sommes pas sûrs de la longueur du temps qui est nous est accordé. (…) La réalité de notre mort nous rappelle l’avertissement pressant du Divin Maître : “Veillez!” (cf. Mt 24, 32; 25, 13; Mc 13, 35). Nous devons donc vivre dans la grâce de Dieu, à travers la prière, la Confession fréquente, l’Eucharistie ; nous devons vivre en paix avec Dieu, avec nous-mêmes et avec tous.

Tout l’enseignement et tout le comportement de Jésus sont projetés vers les réalités éternelles, en vue desquelles le Divin Maître n’hésite pas à demander de durs renoncements et d’importants sacrifices. La réalité de notre mort ne doit pas rendre la vie triste ni la bloquer dans ses activités ; elle doit seulement la rendre extrêmement sérieuse. (…) “la ville que nous avons ici-bas n’est pas définitive : nous recherchons la ville qui doit venir” (Hb 13, 14). (…) En effet, nous savons qu’“il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous” (Rm 8, 18).

(…) cette journée des défunts nous rappelle encore la grande et précieuse réalité de l’Indulgence que l’Eglise accorde en rémission de la peine due aux péchés. Bien entendu, le Seigneur remet les fautes de qui s’en repend vraiment et revient à lui par le sacrement de la Pénitence ; mais il reste, pourrions-nous dire, cette zone d’ombre qui est précisément appelée “punition” du péché, c’est-à-dire qu’il reste le devoir de la purification parfaite pour la possession immédiate de la vision béatifique après cette vie. (…) » (Audience générale, 02.11.1983, site du Vatican)

« (…) Selon la pieuse coutume, ces jours-ci, les fidèles se rendent auprès de la tombe de leurs proches et prient pour eux. Je me rends moi aussi spirituellement en pèlerinage dans les cimetières des diverses parties du monde, où reposent les dépouilles de ceux qui nous ont précédés sous le signe de la foi.

En particulier, j’élève ma prière d’intercession pour ceux auxquels plus personne ne pense, ainsi que pour les nombreuses victimes de la violence. Je confie chacun à la divine Miséricorde. » (Angélus, 01.11.2003, site du Vatican)

Et moi, quelle est ma relation avec les saints? Y en a-t-il de qui je suis plus proche, qui me touchent plus? Est-ce que je pense à mon saint patron, aux saints qui ont marqué ma vie? Est-ce que je les prie? Est-ce que j’essaie d’imiter leurs vertus? Et pour les défunts qui ne sont pas encore au Paradis, est-ce que je prie? Est-ce que je pense à demander des indulgences pour eux, en acte de miséricorde?

Références :
https://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr.html pour citations de discours, homélies, audiences générales, messages, lettres, encycliques (traductions de l’italien quand texte indisponible en français)